Résumé de la prochaine séance

La prochaine séance mensuelle de la Société d’émulation du Jura aura lieu le samedi 20 juin à 15 heures, à Vincelles, à la salle de la mairie. Au programme :

 

Jean-Charles ALLAIN, Le château fort de Saint-Laurent-la-Roche-Son état au cours des siècles-Essai de restitution-Plans et 3D

Aujourd’hui, il ne reste pratiquement plus rien de visible du château fort de Saint-Laurent-la-Roche et bien des personnes qui montent au belvédère admirer la vue sur la Bresse et la statue de la Madone ignorent totalement qu’une immense place forte ait pu se dresser sur cet emplacement stratégique.

Des informations éparses et clairsemées ont été rassemblées sur l’état de ce château au cours de ses cinq siècles d’existence mouvementée. Des écrits d’historiens, des gravures anciennes et aussi des archives, dont certaines inédites, ont donné matière à dresser une chronologie des épisodes de guerre dans notre région, des incidents survenus au château, des inventaires et des travaux entrepris par des seigneurs de la famille des Chalon et des Nassau ou par des capitaines-châtelains.

Pour retrouver l’emplacement des murs pratiquement tous disparus ou très peu discernables, de multiples indices ont été accumulés. Ils concernent les quelques restes archéologiques, la topographie, les différences de végétation et les effets de la sécheresse. Des techniques d’investigation ont complété ce recueil de données. Un survol de la zone par drone a fourni de nombreuses photographies aériennes et a permis de construire un jumeau numérique en trois dimensions. De plus, le recours au LiDAR a mis en évidence des anomalies au sol révélatrices du tracé de murs anciens.

Une proposition de plans des différentes enceintes du château, de l’emplacement de plusieurs bâtiments (tour maîtresse, corps de logis, corps de garde, four…) et du bourg a pu alors être élaborée.

Toutes ces informations ont été fournies à des ingénieurs qui ont dû les transposer sur l’image en relief puis ensuite procéder à l’élévation des constructions. Ainsi, un essai de restitution en 3 D pourra être présenté de la forteresse et des remparts du bourg castral blotti au pied de la Roche.

 

Vincent Claustre, Destins juifs pendant la Seconde Guerre mondiale dans la zone non-occupée du Jura

Depuis notre contribution de 2016 sur l’accueil dans la zone non occupée du Jura des derniers juifs expulsés d’Alsace en juillet 1940, dont plus d’un millier sont restés réfugiés dans le Jura durant toute la guerre, nous avons recueilli plus d’une quarantaine de témoignages de situations vécues durant cette période par des juifs alsaciens ou non. Cet exposé en donnera quelques échos singuliers.

Il sera précédé par un rappel des différents modes de présence ou d’installation de juifs dans cette partie du Jura avant la guerre, puis des différents flux d’arrivée ou de passage en fonction du déroulement du conflit et des politiques et persécutions anti-juives en Europe et en France. Ces différentes situations seront illustrées par quelques cas individuels.

Suivront plusieurs explorations plus approfondies portant :

– sur la création et le fonctionnement de l’antenne de l’Union Générale des Israélites de France installée à Lons, 2 rue du Colonel Mahon, compétente pour les zones non-occupées du Jura et de Saône-et-Loire et l’Ain, mêlée entre autres à une opération d’exfiltration étonnante de vieillards allemands.

– l’organisation du culte pour les expulsés alsaciens, notamment à Lons dans un appartement du 46 rue Saint-Désiré.

– les trajectoires singulières des membres d’une famille d’expulsés alsaciens réfugiés à Mantry, dont une fille ayant épousé en 1941 à Lons un migrant polonais, installé comme commerçant avant-guerre au 42 rue Saint Désiré, une famille dont certains ont réussi et d’autres échoué à passer en Suisse…